Suva
27 juin 2019

Un atelier de formation sous-régional visant à renforcer la surveillance de la grippe en Océanie a été organisé la semaine dernière à Suva à l’intention des agents des laboratoires et des services de surveillance de la santé publique de la région. Il a réuni des professionnels de 13 pays insulaires océaniens ainsi que des experts régionaux qui ont passé en revue les systèmes nationaux de surveillance existants, recensé les enjeux et débattu des moyens à mettre en œuvre pour renforcer la surveillance syndromique et virologique de la grippe.

L’atelier, qui s’est déroulé sur cinq jours, du 6 au 10 août, était organisé par la Communauté du Pacifique (CPS), en collaboration avec le Centre de lutte contre les maladies transmissibles des Fidji, l’Organisation mondiale de Santé (OMS) et le Pacific Paramedical Training Centre (PPTC) de Nouvelle-Zélande dans le cadre des activités du Réseau océanien de surveillance de la santé publique (ROSSP), avec le concours financier des Centres américains de lutte contre la maladie (CDC) et du ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce.

La grippe est une maladie respiratoire contagieuse due à des virus grippaux qui circulent partout dans le monde, y compris dans le Pacifique. Deux types de virus grippaux (A et B) peuvent être à l’origine d’épidémies grippales saisonnières et, dans de rares cas, l’émergence de nouveaux virus grippaux de type A peut entraîner des épidémies de grande ampleur, appelées pandémies. La terrible pandémie de grippe, dite « grippe espagnole », survenue en 1918 n’a pas épargné la région, tuant environ 22 % des habitants du Samoa, et entre 5 et 6 % de la population fidjienne.

S’exprimant lors de l’atelier, Salanieta Saketa, Directrice adjointe par intérim de la Division santé publique de la CPS, a rappelé que : « la plupart des pays insulaires océaniens recueillent toutes les semaines des données sur les syndromes grippaux (à savoir l’ensemble des signes et symptômes caractéristiques de la grippe), mais l’on dispose de données et d’informations diverses sur les virus grippaux en circulation dans la région ».

Patrick Reading, expert en virologie au Centre Collaborateur OMS de référence et de recherche sur la grippe à Melbourne, a expliqué pour sa part que « le suivi attentif et l’identification des souches de virus grippaux en circulation dans les différentes régions du monde sont absolument essentiels : ils contribuent non seulement à la mise au point de vaccins efficaces dont la composition doit être régulièrement adaptée, mais aussi à l’identification rapide des nouveaux virus à potentiel pandémique ».

Le nombre insuffisant de prélèvements effectués sur les sujets infectés est un des principaux problèmes rencontrés dans les pays de la région et rend difficile l’identification des virus grippaux et autres virus respiratoires en circulation. C’est pourquoi, lors de la deuxième journée de l’atelier, les participants ont pu assister à une démonstration des différentes étapes à suivre pour effectuer des prélèvements de sécrétions nasopharyngées sur écouvillon.

Ils ont pu également se familiariser avec certains aspects cliniques et épidémiologiques des syndromes grippaux et des infections respiratoires aiguës sévères et améliorer leurs connaissances dans des domaines comme la définition des cas, les techniques de diagnostic, la prévention, la vaccination, la surveillance, la préparation et la riposte aux flambées et aux pandémies grippales. Les professionnels des laboratoires ont pu quant à eux suivre au Centre de lutte contre les maladies transmissibles des Fidji une formation spécifique aux techniques pratiques de diagnostic en laboratoire.

Contact médias :
Christelle Lepers, Chargée de l’information et de la communication (surveillance de la santé publique) à la CPS, [email protected]

Pour de plus amples informations sur la grippe :
https://www.cdc.gov/flu/keyfacts.htm (en anglais)

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